Merci pour le lien, très intéressant.
un extrait, qui explique bien ce que je disais plus haut :
"...Même à son apogée, San Francisco ne se résumait pas au rock psychédélique. Des groupes comme le Velvet Underground n’avaient que peu, voire rien, en commun avec les groupes de San Francisco. Ils incarnaient la culture de « l’héroïne » (une culture plus sinistre, névrotique et nihiliste) plutôt que celle du LSD (bucolique, rêveuse et utopique). The Velvet Underground, dont le nom s'inspire d'un livre journalistique de 1963 qui examinait les pratiques sexuelles non conventionnelles, fouillait les ruelles étroites des quartiers malfamés de la ville et fouillait le subconscient des jeunes citadins, à la recherche de bribes d'émotions qui constituaient un sous-produit barbare de l'esprit originel du rock'n'roll. Leur objectif n’était que marginalement la reproduction sonore de l’expérience psychédélique : leur véritable but était de dresser un portrait de l’ambiance décadente, désabusée et cynique qui se répandait parmi l’intelligentsia. Le chanteur Lou Reed (qui avait étudié la poésie et le cinéma), le bassiste et altiste John Cale (qui avait joué avec le compositeur d’avant-garde La Monte Young), la batteuse androgyne Moe Tucker et l’actrice allemande Christa « Nico » Paeffgen n’étaient pas des hippies, mais des musiciens élitistes au fait des mouvements d’avant-garde : ils ont commencé à jouer (en 1965) dans le cadre du spectacle multimédia d’Andy Warhol « The Exploding Plastic Inevitable ». Ils ont été à l’origine du courant « pessimiste » de la musique psychédélique (par opposition au courant optimiste de San Francisco)....Avant tout, ils ont donné naissance à un esprit musical (indépendant, nihiliste, subversif) qui, dix ans plus tard, serait qualifié de « punk ». ..."
Et oui, à mon avis une partie du Krautrock allemand vient directement de cette musique.
Les japonais idem, même très récemment avec des groupes comme Kikagaku Moyo.