Bon alors, cette EPC-205C MK3… Pourquoi, comment, et qu’est-ce que ça donne ?
D’abord, un peu d’histoire…À la fin des années 70, Technics développe les séries EPC-100 et EPC-205 comme une sorte de "vitrine technologique". L’objectif était de produire une cellule à aimant mobile capable de rivaliser avec les cellules MC qui commençaient doucement à gagner en popularité.
Un des points clés de la MK3 est la réduction drastique de la masse du système mobile (cantilever + aimant). Le cantilever en bore affiche une masse mobile de 0,149mg (soit moins de la moitié de celle de sa prédécesseure de 1973, la MK2), une prouesse pour l’époque. En théorie (et si j’ai tout bien compris

), une masse mobile réduite signifie :
-Une lecture plus précise des micro-informations (meilleure capacité à suivre les modulations rapides du sillon)
-Une meilleure réponse transitoire
-Une distorsion plus faible dans les passages complexes.
Un second aspect qui m’a semblé intéressant, c’est son inductance très faible : elle est donnée pour 240 mH, là où la plupart des MM tournent plutôt autour de 400 à 700 mH.
Sur le papier, ça signifie: moins de "tuning involontaire" en fonction de la capacitance vue par la cellule :
-Si l’inductance est élevée, la réponse dans les aigus peut changer assez drastiquement en fonction du pré-phono ou de l’utilisation d’un câble un peu capacitif. Ça peut créer une bosse dans les aigus assez désagréable (j’en ai bien fait les frais avec l’Acutex lors de mes essais de condos d’entrée sur le Quad 66

).
-Si l’inductance est faible : le pré-phono et le câble influencent normalement beaucoup moins le son, le pic de résonance étant décalé beaucoup plus haut… La réponse en fréquence est donc plus stable vis-à-vis de la charge capacitive.
Enfin, un dernier aspect tout simple… Le fait que ce soit une cellule avec headshell intégré rend la mise en oeuvre simplissime sur le bras de la SL-1200. 52 mm d’overhang, et terminé.
Bref, plein d’arguments qui font que, sur le papier, cette cellule est censée bien fonctionner, facilement et sans trop de prise de tête.J’ai le sentiment que cette cellule est un peu représentative d’une période où les fabricants japonais investissaient (encore) énormément en recherche sur les cellules MM.
Voilà ce qu’on trouve sur (l’excellent !) Hifi-Archiv :
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Maintenant, comment ça se traduit à l’écoute ?La première chose qui me frappe est la qualité du haut du spectre. Les aigus sont chauds, flatteurs, mais sans jamais manquer de définition. On retrouve beaucoup de micro-détails, sans dureté ni brillance excessive.
Dans le bas du spectre, la cellule propose une réponse ferme et très tenue. Les basses ne sont pas exagérées mais propres, rapides et bien articulées. En d’autres termes : ça groove. Les lignes de basse sont lisibles, les attaques sont nettes et l’ensemble donne une écoute vraiment vivante et entraînante... (allez, peut-être pas autant que l’Acutex

... mais on y gagne tellement ailleurs que je lui pardonne volontiers!).
Quant au registre médium, que dire... c’est vraiment superbe. Là où l’Acutex avait ce côté un peu “creusé”, la Technics projette vraiment, avec beaucoup de naturel. Les voix sont magnifiques ; sur un piano, la sonorité est ample et très agréable. Les instruments se détachent clairement les uns des autres, tout en conservant une excellente cohérence, même sur des morceaux assez chargés.
Bref, c’est vraiment très bon.
J’en suis encore au stade de la découverte, mais chaque écoute révèle de nouvelles subtilités. Il y a du bon dans ces MM des années 70-80... Et en plus, c'est pas hors de prix. Je pense que j'aurais du mal à trouver beaucoup mieux pour ma vénérable SL-1200.
Après les enceintes, l'amplification, la cellule: CHECK. Restera à creuser ces histoires de DAC... Parce que le numérique fait très, très pâle figure désormais