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Un voyage dans l'utah... 5!

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Un voyage dans l'utah... 5!

Message #1 par Frankzappera » 08 Jan 2026 à 18:43

Salut, les aminches!

C'est reparti pour un tour : histoire de commencer une année 2026 qui démarre _ hélas !_ par une actualité encore plus anxiogène qu'à l'accoutumée. Ouverture d'une énième filière à tendance digressive. Vagabondage autorisé par la police (de caractère : oh mon Dieu qu'il est désopilant!), entre Hifi et anecdotes, technique et souvenirs, musique et humeurs. Dans ce flou bordélique qui ne s'imagine pas artistique, réside ma seule... ambition ? Le mot ne convient pas. Objectif ? Projet ? Non, c'est un non-projet dérisoire, au mieux. Futilité assumée. Vagabonder. D'une départementale, d'une région, d'un livre, d'une musique, d'une toile, d'un paysage, d'un visage, à un autre. Je ne sais rien faire d'autre. Peut-être que je ne sais rien être d'autre. Un vagabond. Comme la plupart des gens. Qu'est-ce qu’internet en général ? Que sont les réseaux sociaux en particulier ? Si ce n'est des non-lieux de vagabondage algorythmé ?

Scroller, ça s'appelle. D'une vidéo de chats à un groupe dédié aux contrepèteries. D'un message complotiste à un tutoriel de bricolage. Scroller pendant des heures. En oubliant aussitôt ce que l'on a survolé en quelques secondes. Scroller en marchant dans une rue, en prenant le train, en mangeant devant la TV qu'on ne regarde pas vraiment. Ou dans la salle d'attente d'un dentiste. Scroller pour combler tous ces moments d'inaction, d'ennui, ces creux, ces riens, considérés comme d'insupportables « temps morts ». Qu'il faudrait à tout prix remplir d'un vide cacophonique et bariolé, mais en 5G, HD, Dolby Atmos. Étrange compulsion. Comparable à la mienne. A un détail près : scroller ses propres états d'âme n'est pas instantané, et encore moins automatique. C'est un effort, un travail laborieux, d'une lenteur exaspérante. Aux résultats discutables. Aléatoires.

Voilà, voilà, que ça recommence, chanterait Rachid Taha. Je me disperse façon puzzle. Tournant encore et encore autour du pot, en cercles concentriques, sans entrer dans le vif de ce putain de sujet, à savoir le compte-rendu d'une écoute qui n'en finit pas de me captiver. Il faut dire que j'hésiterai presque à évoquer des enceintes neuves ET abordables, sur un forum  orienté vintage (même si c'est de moins en moins le cas) majoritairement fréquenté par des vieux briscards dans mon genre. Des marins qui ont bourlingué sur beaucoup de navires, brassé quantité de matériels, du basique au plus sophistiqué, en passant par l'ésotérique. Autrement dit, des audiophiles suréquipés, blasés, revenus de tout. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir leur raconter, à ceux-là ? Est-ce que ça présente le moindre intérêt ?

C'est possible.

Pas évident, mais possible. A condition de planter le décor, s'attarder sur le contexte. Pour raconter une histoire sans raconter d'histoires. L'histoire d'un nain d'un mètre quatre-vingt trois qui, lui aussi, a roulé la bosse qu'il n'a pas. Accumulant les appareils, enceintes, câbles, bricolant des assemblages, à tubes ou à transistors. Expériences fructueuses ou décevantes dessinant un chemin à la fois sinueux et banal. Commun à beaucoup. Un parcours réductible à trois périodes.

Phase 1 : le temps de la découverte, frénétique et solitaire. Non, ce n'est pas sale. A l'époque, j'étais jeune et pas large d'épaules, je ne soupçonnais pas l'existence des forums de discussions, ne possédait ni ordinateur, ni connexion au web, par contre, je lisais la NRDS. Et tout le reste : Prestige Audio Vidéo, Diapason, Haute Duplicité, Le Haut-Parleur, Hifi Magazine. Tous les gratte-papiers officiant dans cette presse semblaient participer d'un complot (sans doute fomenté par la CIA, le MOSSAD et les Illuminati) visant à me ruiner. J'ai donc dépensé du fric, trop, dans l'achat de cônes (sans Marie-Jane inside), pointes, supports en sorbothane, barrettes filtrées, transfos d'isolation, câbles en tous genres, appareils recommandés quoique pas toujours recommandables. Et même des plaquettes Raide-Echo !

Une période de délire consumériste. Je n'étais qu'un novice crédule, qui ne savait pas vraiment ce qu'il cherchait, au juste, et fantasmait à la vue de tous ces appareils de prix prohibitif dont au sujet desquels je lisais des pages et des pages d'hystérie journalistique, de louanges inhumainement détaillée et ampoulée. Verbiage indigeste. Affirmations martelées chaque mois. Certitudes assénées avec aplomb par ces influenceurs que j'imagine (peut-être à tort) en partie sincères. Un discours bien rôdé que je finirai par construire peu à peu, au fil des années, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus grand chose, de ce flot de généralités. Ce qui nous conduit tout droit à la...

Phase 2 : le temps des rencontres. Qui m'a évité de vagabonder (décidément) sans destination précise. Sans points de repères, sans éléments de comparaison, j'aurai pu continuer à poursuivre cette chimère quantitative et technophile que la presse spécialisée tentait de me fourguer à longueur d'articles. Plus de transparence, de détails, de résolution, de micro-informations, comme si la course au « plus » était le but ultime. Le Graal à atteindre. Non, non et non. Ce n'est pas si simple, si binaire. Je ne l'ai pas toujours su. Il m'a fallu vivre certaines rencontres pour que l'église soit remise au milieu du village. Via ce forum, notamment. Bon, j'ai déjà évoqué plusieurs fois une visite chez le Crapaud Taré. Je ne développerai donc pas l'écoute de son système, qui aura été, en très résumé, déterminante. Un jalon parmi d'autres. Beaucoup plus improbables et tout aussi marquants.

En définitive, ce n'est pas en me rendant chez tel ou tel audiophile que j'ai délimité les contours de mon essentiel. Comme si, pour comprendre le phénomène « Hifi », il m'avait fallu en explorer la marge. Sortir de son cadre de fonctionnement. En écoutant toutes sortes de obsolètes et minimalistes, chez des mélomanes qui se contrefichaient de leur chaîne. Pour qui la Hifi n'est pas un vrai sujet, et encore moins un problème. Des femmes, toujours. Comme par hasard.
Je me souviens de l'une d'elles. Son visage, son odeur discrète de vanille. Son style chic et décontracté. Ses cheveux bouclés et sa passion immodérée pour Rachmaninov et Tom Waits. C'était il y a deux décennies. Pendant ma première vie.

A suivre.  

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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #2 par JérômeB » 08 Jan 2026 à 19:14

On attend la suite ...  :wink:
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Dis donc Moska, tu me renvoies Monique ?

Atelier d'initiation à la Photo
Mon siiiiite.
https://youtu.be/0gzBr9GwpYA
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Message #3 par love_leeloo » 08 Jan 2026 à 19:21

avec impatience
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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #4 par PP_65 » 08 Jan 2026 à 20:27

Sous-titre :
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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #5 par mapic » 08 Jan 2026 à 21:39

Je suis tres interessé cherchant des enceintes pour un Nap 250 chrome et Nac 42.5.
J ai deja des ls3 5a mais je les preferes sur mon ampli a tubes yaqin.
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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #6 par Frankzappera » 13 Jan 2026 à 11:39

Allez, la suite!

Se souvenir des belles choses. Se remémorer avec bienveillance le jeune adulte que j'ai été. Immature, hésitant entre insouciance et angoisse. Toutes deux excessives. Impression amusante que c'était il y a 100 ans. Je résidais dans un autre lieu, exerçais une autre activité, percevais le monde sous un autre angle: plus obtus. C'était une autre vie. J'étais un autre. Loin d'imaginer qu'un jour, il convoquerait ces moments passés, bataillerait des heures durant, armé d'un stylo Bic, pour traduire en mots simples un écheveau d'émotions contradictoires. Eviter les deux écueils habituels sur lesquels s'abîme trop souvent le récit d'une relation marquante. Nostalgie érodant ses aspérités. Ou bien regrets de ne pas avoir su la vivre pleinement. Navigation difficile? Non, pas tant que ça.

Et si je me jetais à l'eau? Après tout, c'est le seul moyen de savoir si j'ai appris à nager.

Imagine…

Une soirée aussi animée qu'insipide. Tu ne connais pas grand monde. Tu te demandes ce que tu fous là, seul au milieu de tous, à tourner en rond, avec pour unique compagnie tangible celle de ton gobelet de médiocre punch. Auquel tu t'accroches, comme un naufragé à sa bouée. Tu ne connais pas non plus cette magnifique jeune femme au sourire ravageur et aux jambes fascinantes. Pourtant, une impression de déjà vu. Tu n'as aucune culture cinématographique. A part les blockbusters que tout le monde va voir. Voilà, tu y es! Elle ressemble beaucoup à Marie-Elisabeth Mastrantonio, qui t'as ému, charmé, dans un film devenu culte: "Abyss", de James Cameron. C'est troublant. Irrésistible et un peu inquiétant. Tu estimes à 90% la probabilité d'être éconduit. Trop belle pour toi. Ou pas. Tu n'as rien de mieux à faire, et il n'y a personne de mieux sur cette terre. Alors, tu oses espérer. Croire que tes misérables 10% sont supérieurs à 0. Il le faut: c'est ta vie que tu es prêt à jouer. Tu le pressens, un tournant s'amorce.

Des regards sont échangés. Evaluateurs. Intéressés. Difficile à dire. Tu ne vis pas un coup de foudre ou un feu de paille. C'est différent. Deux planètes s'attirent mutuellement, selon une loi qui vaut bien celle d'Isaac Newton. Un homme aborde une femme. Des mots sont prononcés. Les premiers sont bredouillés. Paroles gauches, convenues, rien d'original ou surprenant. Ce qui n'a aucune espèce d'importance. Ce n'est qu'un écran de fumée qui ne parvient pas à dissimuler le désir commun qui s'est soudain imposé. Avec la violence d'un incendie de forêt. Une décision est prise. Tu ne sais pas vraiment quand, ni comment, ni par qui? A un moment donné, vous vous êtes tenus par la main, la demoiselle l'a serré, avec une force stupéfiante, puis t'a traîné dans le métropolitain jusqu'à son immense appartement parisien. Elle marche à toute vitesse, court presque. Tu suis le mouvement. C'est d'ailleurs ce que tu vas t'efforcer de faire pendant une bonne partie de la nuit: suivre le mouvement.

Le lendemain matin, enfin… disons vers 12 ou 13 heures, tu sirotes un café providentiel, en découvrant dans quel environnement vit la tornade à escarpins dont tu ne connais que le prénom composé. Un vaste séjour, quasi dépourvu de meubles. Quelques tableaux, de l'art moderne. Barbouillis aux couleurs vives, indéchiffrables. Un désordre aéré, dépouillé, organisé. Des monticules de choses posées à même le plancher en bois massif. Un tas de chaussures dans un coin, contre un mûr. Des piles de livres et de disques, ici ou là. Dominante classique, rock, dans une moindre mesure.

Et une chaîne Hifi, près de la belle cheminée en marbre. Des grandes enceintes 3 voies JVC, en fait de très médiocres HP, dont un petit large-bande faisant office de tweeter. Filtrage minimal. Tu as déjà croisé ce genre d'hérésies. Ici, elles sont posées sur des tabourets en bois. Un ampli Luxman d'entrée de gamme et un lecteur CD Kenwood, datant du néolithique, installés sur un minuscule meuble bas. En résumé, le cauchemar pour un audiophile? Non. Pas du tout.

Comment vous dire? La musique se déployait très agréablement, avec une facilité et une fluidité déconcertantes. Malgré, bien sûr, des limitations évidentes. Un grave monocorde, un aigu éteint, le tout manquant de naturel. On ne pouvait pas vraiment parler de "Haute Fidélité" tant ce système en était éloigné, sur tous les critères. Pourtant, ça ne changeait rien à l'affaire. Nous pouvions écouter de la musique pendant des heures, en faisant abstraction, en oubliant le système. C'est rarement le cas.

La suite et la fin de cette aventure étant sans rapport (si je puis dire) avec le sujet de ce fil, je ne m'y attarderai pas. Ses conséquences, en revanche, méritent d'être développées. J'avais commencé à comprendre l'absurdité paradoxale de la Haute Fidélité performative. Pointilleuse et rigide. Masculine, en somme.

A suivre.

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Message #7 par francis13800 » 13 Jan 2026 à 12:45

Tu devrais écrire des bouquins ....succès assurés
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Message #8 par Frankzappera » 13 Jan 2026 à 12:55

francis13800 a écrit:Tu devrais écrire des bouquins ....succès assurés


J'y travaille, mais comme il faut aussi que je bosse pour gagner de quoi vivre dans le vrai monde, ça n'avance pas. Vivement la retraite, tiens!

A+

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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #9 par Frankzappera » 19 Jan 2026 à 19:14

Bon. Est-ce que oui ou merde je vais en arriver à cracher la Valda promise depuis des jours et des jours?

Disons que ça progresse, à un rythme lent, dépendant du temps et de mes errances.  :wink:

Ce matin, le temps est maussade. Il pleut, le ciel est d'un gris lumineux, je dispose du séjour "pour moi tout seul": pas trace d'adolescent ou de femme à l'horizon. C'est provisoire. J'en profite pour avancer dans ce récit à entrées multiples. Dont la sortie s'éloigne à mesure. Malgré un solide café et une envie d'en découdre, les mots renâclent. Je ne trouve pas le bon angle d'attaque. Mon écriture n'est que géométrique. Je ne fais que dessiner des structures aux formes étranges, non euclidiennes. Sans plan d'ensemble, ni règles précises. Résultat: des édifices à l'architecture trop complexe, dont beaucoup s'effondrent en cours de construction.

J'allume la chaîne. Le "système principal" du bonhomme, le supposé maître des lieux. Attrape un CD au hasard. Allison Crockett: "On Becoming Woman". Bonne pioche. De la Nu-Soul sophistiquée, lisse et plaisante. Je monte raisonnablement le volume, me laisse envahir par ces vocalises sensuelles. C'est un moment de lâcher-prise.

Des idées viennent, accompagnées d'une foule (plus ou moins sentimentale) de mots qui gravitent autour. Comme des poissons pilotes autour d'un requin? Qu'est-ce que je raconte encore?

Une histoire de lâcher-prise.

Pendant mes années parisiennes, j'ai croisé la route de diverses femmes. Des amies, des amantes, des collègues de travail, des connaissances, des voisines. Célibataires, mariées, en instance de divorce ou en instance de nouvelle aventure. BCBG, gothiques, naturelles, garçonnes, ou sans look fixe. Journalistes scientifiques, artistes, photographes, psychanalystes, énarques ou militantes révolutionnaires. Des éventuelles, des inaccessibles, des énigmes.

La plupart de ces dames écoutaient toutes sortes de musiques, ce qui participait de l'attrait qu'elles pouvaient susciter. Grâce à toutes ces femmes, j'ai donc élargi mes horizons dans des proportions considérables. Découvrant des artistes majeurs (Abed Azrié ou Bill Evans, par exemple), en les écoutant sur des chaînes Hifi de qualité mineure. Du moins, en apparence. En réalité, ces systèmes basiques, sommaires, ou à la limite de l'indigence, procuraient un essentiel dont je m'étais peu à peu écarté, coupé, privé par inadvertance. A force de bricoler, tester, comparer, intellectualiser, analyser, j'avais perdu de vue la finalité de tout le bordel électro-acoustique qui s'accumulait dans mon 2 pièces de 29 m2. Des blocs monophoniques à tubes, une caisse de lampes redresseuses AX50, des câbles, des enceintes, tout ce bric-à-brac devenait irrespirable.

Je me suis allégé de tout cela. Il n'y a pas eu de soudaine prise de conscience. Je n'ai pas vécu d'épiphanie lumineuse et bouleversante, déclenchant un catapultage impulsif, doublé d'un renoncement complet à une audiophilie devenue encombrante, lourdingue et inepte. Lâcher-prise, ça prend du temps. C'est l'aboutissement d'un long processus, comparable à l'érosion.

Au fil des années, je me suis laissé aller, sans effort, à rationnaliser, élaguer, réduire la voilure. Au lieu d'escalader la montagne, j'ai décidé d'une promenade dans la vallée. Je cherchais une limite basse, une altitude modérée en deçà de laquelle il n'était pas acceptable de descendre. Un minimum syndical qui soit déjà très satisfaisant. Celui que certains obtiennent avec un Musical Fidelity A1 et des LS 3/5A, ou bien un Onix OA 21 et des biblios Focal. Ou encore des 4312 drivées par une amplification sévèrement burnée. Facile, simple. Pas assez original. Il me fallait un set plus personnel.

D'ailleurs… Franchissons, par le pouvoir d'une phrase impérative, deux décennies de vie, de musique, de jeux, et d'expériences variées. Voyage dans le temps et l'espace, rendu possible par la magie de l'écriture et de la mémoire. Ce qui nous mène en 2026. Ici et maintenant. Dans le séjour / salon d'un pavillon vieillot, quelque part au fin fond du Maine-et-Loire.

Sous l'inévitable téléviseur familial, on aperçoit:

- Un préampli Musical Fidelity.
- Un ampli de sonorisation.
- Un lecteur de CD de marque TASCAM, de gamme professionnelle.
- Un lecteur DVD / BR de même crèmerie.
- Un DAC Audiolab de format réduit.

Et les enceintes Indiana Line dont je vais enfin vous dire deux mots, trois, peut-être, dans le prochain épisode.  :biggrin:

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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #10 par love_leeloo » 19 Jan 2026 à 20:31

Est ce que tu comptes écrire des spin-off des diverses rencontres féminines ? Ou tout du moins un spin-off sur la plus marquante, sentimentalement et musicalement  :redface:
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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #11 par Frankzappera » 19 Jan 2026 à 22:25

love_leeloo a écrit:Est ce que tu comptes écrire des spin-off des diverses rencontres féminines ? Ou tout du moins un spin-off sur la plus marquante, sentimentalement et musicalement  :redface:


Non.  :cheesygrin:

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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #12 par Narcose » 19 Jan 2026 à 22:53

Frankzappera a écrit:Au lieu d'escalader la montagne, j'ai décidé d'une promenade dans la vallée. Je cherchais une limite basse, une altitude modérée en deçà de laquelle il n'était pas acceptable de descendre.

Ce n'est plus petit Spirou mais petit filou...  :wink:

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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #13 par Frankzappera » 20 Jan 2026 à 19:03

Narcose a écrit:
Ce n'est plus petit Spirou mais petit filou...  :wink:

Petit Spirou.jpg


Excellent.  :wink:

Nous y voilà!

Après bien des détours, il est temps d'entrer dans le vif du sujet. De décrire en termes précis la signature sonore d'une paire d'enceintes à 700 balles. Un achat de curiosité suscité par quelques rares publi-reportages très favorables. Evidemment, j'étais perplexe. Au moment de valider la commande, j'estimais qu'il n'y avait pas grand chose à attendre de produits néo vintage, qui plus est made in China. Dans le meilleur des cas, la prestation serait convenable. Affublée de limites et d'imperfections plus ou moins compréhensibles, mais peut-être pas acceptables pour l'audiophile qui sommeille encore, dans les profondeurs de ma psyché. Des scories névrotiques, il en reste toujours un peu, malgré l'érosion.

Bref, il n'y avait qu'une seule façon de confirmer _ ou d'infirmer _ ces soupçons compréhensibles. Passer plusieurs semaines en compagnie de ces transducteurs au pédigré métissé, alliage improbable de conception italienne, de fabrication chinoise, et de caractère… très british.

Comment vous dire?

Si vous estimez que des B&W DM4, des Ditton 44 ou des IMF Super Compact restent des références incontournables, des points de repère intemporels permettant l'accès à une belle qualité musicale, alors vous risquez d'apprécier les Utah 5. Parce que ces enceintes de litrage comparable parviennent à égaler leurs aînées. Dans tous les registres. Je préfère souligner que non, ce n'est pas une plaisanterie d'un goût douteux, et que oui, j'ai souvent eu l'occasion d'écouter (et d'apprécier) les vieilleries précitées.

Commençons par le point fort des nouvelles italiennes. Ce qui m'a d'emblée étonné: un grave / bas médium échappant à toute critique. Dynamique, dénué de mollesse, détaillé, même à bas volume. A lui tout seul, ce grave procure une image sonore immersive, un vaste panorama tridimensionnel où chaque instrument retrouve une densité, une plausibilité qui échappe à la plupart des enceintes de moindre litrage. Précisons néanmoins que ça ne tabasse pas comme un 30 cm JBL, et qu'il n'est pas non plus question de taquiner des fréquences inférieures à 40 hertz. Ce grave n'est ni impressionnant, ni spectaculaire. Il se contente d'être juste, en produisant une assise troublante, inhabituelle. Sur tous types de musique. Je peux me régaler en dégustant "A Simple Matter Of Conviction" de Bill Evans. Il ne manque rien à la basse d'Eddie Gomez. Et si je m'aventure dans des contrées plus métalliques, genre Sum 41, Green Day, Nirvana ou Skunk Anansie, il y a de la viande sur l'os, et je perçois la même lisibilité sereine, d'un bout à l'autre du spectre. Cette impression d'écouter un seul HP, d'une cohérence remarquable, subsiste à mesure que les disques se succèdent: l'analyse critique, en fait, me devient difficile, ce qui est toujours de bon augure. En naviguant de Mandrill à Steely Dan, de John Mc Laughlin à Michael Franks, d'Herbie Hancock à Popa Chubby, je ne redécouvre rien, si ce n'est une facilité à entrer dans ces univers multiples. Une forme d'évidence.

L'aigu de ces enceintes contribue beaucoup à cette sensation. Il est si bien intégré qu'il semble absent, de prime abord. C'est à dire qu'il ne vient jamais graillonner, racasser, brailler de quelque manière que ce soit. Il file doux, laissant toute latitude au médium de s'exprimer, sans exagération. Tout reste naturel, fouillé, aéré. Juste le nécessaire de transparence et de vie. A aucun moment je n'ai le sentiment d'écouter des enceintes "low cost" sur un système raisonnable. Au contraire. Ces enceintes constituent un remède à la mélancolie. L'exact inverse d'une paire de B&W modernes, par exemple. Pouark!

Evidemment, l'audiopathe addict à la microchirurgie et aux fréquences hautes chouinera qu'il en manque. C'est vrai. Il existe des enceintes plus incisives, et j'ai remarqué un léger manque de mordant sur de la guitare acoustique, ou du vibraphone. C'est minime, et au quotidien, on oublie assez vite ce subtil lissage qui participe d'un grand confort d'écoute.

Je ne sais plus qui a dit, ou écrit quelque part: "Méditer, c'est ne rien faire, mais à fond." D'ailleurs, peu importe l'auteur de cette géniale fulgurance. C'est un parfait résumé de ce que j'essayais d'obtenir, en assemblant des appareils communs, pour la plupart assez basiques. Résultat: j'écoute un système qui ne fait rien. Mais à fond.

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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #14 par audiofil50 » 20 Jan 2026 à 21:53

Merci , tout cela est légèrement énivrant !

Tu sais très bien parler des femmes , je trouve .
Exercice tellement périlleux , surtout en cette époque où chaque mot en provenance d'un homme est scruté , radiographié .

J'aime cette touche légère , amicale .
Comme la rencontre de cette belle inconnue à l'appartement si vaste et la chaine si riquiqui .
Littéraire défroqué , je reconnais la pâte romanesque .

En outre , tu arriverais presque à nous vendre ces Indiana : Chapeau l'artiste !
Dont je ne doute pas qu'elles soient bonnes .

UTAHG.jpg



Il y a bien longtemps que les vieux briscards du forum savent que la vraie qualité n'a plus toujours , et de loin , un rapport étroit et évident avec le tarif  , tant les dépenses de marketing ( publicité  , salons internationaux , " influençage " des influenceurs des sites audiophiles , etc . ) faussent et plombent l'arrivée à un juste prix , le fair price , comme disent nos amis anglo-saxons .
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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #15 par Raphael 5590 » 20 Jan 2026 à 22:15

@ Frankzappera

Que reproches-tu aux B&W actuelles (que je n'ai jamais écouté  :mrgreen: ) ?
Juste question de ne pas mourir idiot !
Par ailleurs, je serais intéressé de savoir si leur modèles "biblio" sont de la même veine (en sachant les limites des petites boîtes).
J'ai un classe "T", c'est grave Docteur ?
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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #16 par Frankzappera » 20 Jan 2026 à 23:56

Raphael 5590 a écrit:@ Frankzappera

Que reproches-tu aux B&W actuelles (que je n'ai jamais écouté  :mrgreen: ) ?
Juste question de ne pas mourir idiot !
Par ailleurs, je serais intéressé de savoir si leur modèles "biblio" sont de la même veine (en sachant les limites des petites boîtes).


Réponse rapide: les B&W contemporaines ont une courbe de réponse en V, un médium éteint et un aigu proéminent. C'est caricatural.

Je ne connais pas les modèles "biblio" qui t'intéressent. Peut-être sont-elles de la même veine, mais il n'y a qu'une façon de le savoir.  :wink:

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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #17 par audiofil50 » Hier à 15:36

Un article du 26 janvier , détaillé et fort élogieux , dans le site anglais HifiPig , sur ces Indiana Line Utah 5 italiennes ... :cool:


https://www.hifipig.com/indiana-line-ut ... ore-241996
Westminster GR K-01 Tri 845 SP16 Coda LP12 Ittok Lingo Charisma Uphorik MD101 Fadel Art Siltech  Sommer Studio Connections Audiophile Access Gigawatt Stabren Mesure .
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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #18 par petitmarquis56 » Hier à 17:02

Frankzappera » 20 Jan 2026, 22:56 a écrit:Réponse rapide: les B&W contemporaines ont une courbe de réponse en V, un médium éteint et un aigu proéminent. C'est caricatural.

Je ne connais pas les modèles "biblio" qui t'intéressent. Peut-être sont-elles de la même veine, mais il n'y a qu'une façon de le savoir.  :wink:

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J'avoue ne pas avoir tout lu, et d'avance désolé si la question a déjà été posée, mais as tu eu l'opportunité de les comparer avec leurs grandes sœurs, les Utah 8 ?
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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #19 par Frankzappera » Hier à 19:33

petitmarquis56 a écrit:

J'avoue ne pas avoir tout lu, et d'avance désolé si la question a déjà été posée, mais as tu eu l'opportunité de les comparer avec leurs grandes sœurs, les Utah 8 ?


Nan, pas eu l'occasion, ces enceintes n'étant disponibles que sur le net, ou alors, dans des auditoriums très, très éloignés de mon domicile.

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Re: Un voyage dans l'utah... 5!

Message #20 par mambojet » Hier à 20:58

Super sympa à lire la petite histoire à épisodes  :cool: Bravo
Alors je ne sais pas pour les oreilles mais la plume est très affutée!
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